Le monde est une ronde où s’amoncellent
Les doux sévices d’un cœur ardent
Et les choses sont avant tout
Une caverne hallucinante :
Les détritus côtoient l’encens.
Celui jouant sa vie dans un miroir
Sous couvert de progrès technique
N’a d’autre but que d’usurper
Un titre valant tout l’or d’Athéna Nikê
Pièces sonnantes et trébuchantes
Mais toujours de bon aloi,
Oboles et drachmes, monnaies antiques,
Frappées du sceau d’Athéna,
Fruits des commerces par-delà l’Ancien Monde,
Au-delà du vieux continent.
Quel voyage mirifique
Quelles merveilles, multipliant
La pourpre des rois du temps jadis
Ô les merveilles de l’Orient !
Point d’orgue à ce chaos ambivalent,
Equivoque, voguant à vive allure,
Sur le fleuve devenu delta,
Où même l’armée ne passe pas,
Ce fleuve se transformant en ogre,
Au gré de ses inondations.
Car son limon est une Alma Mater
Laissant de côté l’avarice
Citrons si bien sucrés,
Douceurs et délices!
Le fleuve et son limon
Contre vents et marées
Un jour nous porteront.
Car l’eau est notre terre !