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Poésies et contes

Publié le 20 Septembre 2015 par Le blog poétique de Lazou

Souvenir

Soit. J’ai péché par orgueil

J’ai cru avoir tout su.

Soit. Je me suis repenti.

J’accepte les limites

De mon esprit touffu.

Et la nuit, quand je dors,

Ô sanglots étouffés,

Que je me sens fourbu,

Et que je me réveille,

Après avoir toussé,

Et que je ne dors plus,

Lors que mon cœur veille encore,

Mes rêves alors se heurtent,

Comme des cliquetis de mâts,

A la noirceur diffuse.

Mes maux – je les sais tous.

Je les hais tous,

Et quand je me réveille,

Ils reviennent au galop.

Alors, fourbu et puis tout courbatu

Je regarde la lune,

La belle lune ronde, ou même son beau croissant,

Cela dépend du temps.

Et les étoiles scintillent,

Et je vois son halo.

Je me souviens alors

Des longues marches tranquilles,

Où mon père et moi nous cueillions des myrtilles,

Dans les Alpes, l’été.

Je me souviens aussi

Des marches dans l’Atlas

Et des bergers berbères.

En contemplant la lune,

J’entends déjà le jour qui point

Et les vastes clameurs des foules affolées.

Des vastes marchés anciens,

Où les gens batifolent.

J’entends déjà le jour qui passe et les saisons aussi, les années,

Et la rose blanche éclore et puis faner.

Sur cette vaste planète

Sommes-nous tous des damnés ?

Ou des anges déchus, chassés,

D’un ailleurs bien meilleur,

Et si lointain – peut-être imaginaire

Si loin de nous, qu’aucun souvenir,

Puisse s’ en rapprocher ?

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Publié le 2 Novembre 2014 par Le blog poétique de Lazou

Jeunesse

Je crois avoir un jour, avoir raté le bal,

Avoir un peu craché dans une bonne soupe,

En disant de mes maîtres, quand mon vent fut en poupe,

Mes maîtres adorés, que vous futes à deux balles.

Il est des rectifications que seul le temps opère,

Des remords, des regrets toujours inassouvis

En crachant dans la soupe j’ai offensé mon père,

Et mes maîtres aussi – qu’ai-je donc fait de ma vie ?

Qu’il était bon le temps où j’allais par les rues ; m’émouvoir

En rêvant de prestige, de belles choses et de gloire

Des colonnes françaises des châteaux de la Loire

Mais en ignorant tout, n’en rien voulant savoir.

Mes tristes professeurs au savoir comme un ru

Un jour me hélaient et l’autre me mataient

Moi aussi, triste sire : j’allais parmi les rues

Sans savoir si j’étais religieux ou si j’étais athée.

Ô maîtres malheureux : j’étais un roi maté!

J’allais dans les ruelles, le matin, sans savoir, que je ne savais rien – ni Rome ; ni Athènes,

Et j’allais chantonnant –, ni même l’Égypte ancienne,

Ne pourraient un seul jour s’abreuver au lavoir

De mon âme malade

De mon destin débile

De toutes ces salades.

Mon âme si débile et toujours en colère

Pouvait leur refuser toutes les béatitudes

A ces maîtres pressés, à ces jeunes filles en pleurs

A moi aussi enfin – cruelle est l’habitude.

Ne pouvant pas savoir ce qu’était l’insouciance

Puisqu’elle était ma vie, elle serait donc ma mort

j’allais dans les ruelles, seul, comme un matamore

Sabordant ma jeunesse sur l’autel des sciences.

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Publié le 26 Octobre 2014 par Le blog poétique de Lazou

Eloge d’Erasme

Je fus l’objet jadis d’une étrange cabale

Par de grands professeurs aux idées à deux balles

Qui m’envoyèrent soudain partir en Italie

En pensant que pour moi a sonné l’alalie.

Par-delà tous les monts un religieux priait

Pour lui, pour moi, pour tous il avait officié

Dans un avion bien vide et tout aseptisé

J’imaginais alors mes maîtres qui riaient.

Arrivé à bon port des inconnus me virent

M’attendirent, m’appelèrent et je vis dans leurs yeux

La peur de l’étranger victime de leurs rires

Ce jour-là, mon amour, j’ai prié tous les dieux.

Je restai donc là-bas trois mois, dans un lit sale,

Meurtri dans toute mon âme, comme un enfant blessé

Et le goût de la vie m’avait abandonné

Pour les idées iniques de grands maîtres à deux balles.

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Publié le 25 Octobre 2014 par Le blog poétique de Lazou

Les lumières de la nuit

C’était dans les dernières années de mon faux trépas que j’avais connu les joies les plus cachés.

Enfouies au fin fond de mon âme, les affres de mes tourments acérés comme des crocs s’agitaient dans le stupre et la débauche.

Je croyais détenir les clés d’une passion volage, mais je me trompais âprement.

Tandis que je marchais dans une cité merveilleuse mais qui n’était pas d’Orient, je cherchais dans l’agitation et le tumulte le calme de mon esprit.

Je voyais des gens qui me paraissaient heureux mais dont la misère se pâmait d’affreux sourires.

Je me croyais un débile parmi les ombres en suivant des femmes pour le plaisir d’imaginer des palais enchantés comme des tombeaux en guise de maisons.

La musique était devenue une fidèle alliée et j’allais parmi les arbres de la ville comme une note dans un rondeau.

Heureux de mon ivresse, je riais tout seul et les gens me regardaient.

J’étais un superbe imbécile et j’imaginais des pièges efficaces pour le cacher à mes amis.

Je relisais des cours qui étaient pour moi comme le dernier stade avant les choses.

Les palais anciens devenaient des fouilles de mon esprit vil et compliqué.

J’avais jeté ma montre dans une catacombe et la forêt urbaine dans laquelle je marchais après avoir quitté la ville s’ornait des fresques antiques de Pompéi.

Les chants des oiseaux me parlaient et, fatigué, je leur demandais tranquillement ma route.

Tandis que le crépuscule se mouvait dans un espace flamboyant, je regardais les pins comme des cathédrales gothiques.

Je me reposais un peu près d’une source et rencontrais une amie qui me rejoignait dans les bois noirs.

Ensemble, nous reprenions la route et la nuit était déjà tombée.

Tandis que nous voulions rejoindre des fêtes exquises mais débiles, le soir devenait un immense palais dont chaque pièce s’offrait à nous.

Nous étions heureux et libres et n’avions pas peur des coups du sort.

Insouciants mes cherchant tout de même à retrouver notre chemin, nous nous racontions l’Orient dans un échange passionné et vaniteux.

De nos bouches, coulait des murmures comme l’eau des Sabil-Kuttab.

Nous parlions un langage si clair que les arbres et les animaux des environs nous souriaient de leurs branches majestueuses.

Sans le savoir nous étions des princes du soir en quête de secrets irréels.

Nous imaginions des montagnes de désert et des dunes comme des pyramides.

Le vent s’était fait tiède et chatouilleux et l’air que nous respirions était bon et sucré.

Mon amie me disait que l’Orient la rappelait à elle d’une voix impérieuse.

J’étais content pour elle mais inquiet car je savais que je ne la reverrai plus lorsqu’elle serait partie.

Mais je comprenais son désir de retrouver ses palmiers antiques qui sont comme des colonnes au seuil des forêts de désert.

Nous étions des poètes que le soir attirait parmi les lumières de la nuit.

Nous avions façonné des édifices de paroles et chaque mot de plus était comme une pierre qui s’ornait des motifs les plus ésotériques.

Notre chemin était une marche sépulcrale et sacrée.

Soudain nous nous séparâmes et je repris mon chemin vers un village.

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Publié le 22 Octobre 2014 par Le blog poétique de Lazou

Une coïncidence ?

Il était une fois un homme qui vivait seul, et qui venait d'emménager dans un nouvel appartement. Au début, celui-ci parut calme à cet homme, mais très vite, il entendit souvent des bruits et des voix à l'étage, et cela l’intriguait, car il avait entendu dire que personne n'y habitait. Inquiet, il se mit alors à la recherche des protagonistes de ces bruits dans l'appartement du dessus. Il demanda alors à la concierge de son immeuble :

« - Madame la concierge, sauriez-vous me dire qui habite dans l’appartement au-dessus du mien ?

- Personne, lui répondit celle-ci, ce logement est désert depuis plusieurs années. »

L'homme devint alors plus anxieux que jamais car les bruits de chaise et les voix se manifestaient toujours dans le studio du dessus. Un jour, croyant devenir fou, il décida de monter à l'étage et de forcer la porte, ce qu'il fit ! Il vit alors dans la pénombre de la pièce, car les persiennes avaient été laissées ouvertes, une femme d'une trentaine d'années, très belle, aux longs cheveux de jais et à la peau de lait. Celle-ci était assise, enchaînée, sur une chaise au centre de la pièce. Dès qu'elle vit faire irruption l'homme dans son appartement vide, elle lui demanda :

« - S'il vous plaît, monsieur, détachez-moi, délivrez-moi, je vous en supplie ! »

Ce que l'homme s'empressa de faire sur-le-champ. La jeune femme s'enfuit alors soudain en courant dans l'escalier de la maison de rapport. L'homme se précipita alors à la fenêtre, et il vit la femme fuir dans la rue, puis disparaître de sa vue. Plus qu'intrigué, croyant être en proie à une hallucination et commencer à devenir dément, il alla donc immédiatement à la rencontre de la concierge, au rez-de-chaussée, pour lui raconter ce qu'il venait de voir. Cette dernière, d'un ton plutôt vague et monotone, lui dit alors :

« - Mais ce n'est pas possible ! Plus personne ne vit dans cette demeure, qui est vide depuis plus de vingt ans. » Et elle ajouta, d’une voix soudain plus appuyée et sûre d’elle : « voyez-vous, Monsieur, il y a une vingtaine d'années, la jeune locataire de trente ans que vous croyez avoir vue dans votre obscure hallucination, s'est suicidée en sautant par la fenêtre de son appartement. L'Eglise et le curé avaient donc privés de messe sa dépouille. Et tout à l'heure, pendant que vous êtes monté dans son studio, par une circonstance bien étrange, son squelette a été changé de place au cimetière, le prêtre ayant finalement décidé d'accorder une messe à ses restes, vingt ans après sa mort.

Et l’homme de penser alors :

- Les coïncidences sont bien bizarres et mystérieuses ! Mais existent-elles vraiment ? »

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Publié le 16 Juillet 2014 par Le blog poétique de Lazou

Le scorpion

Méfions-nous du scorpion qui vit dans le désert,

Fi du scorpion, sur une dune

On s’en méfie, sous le figuier

Ou sous le mur chaud de l’été

Pique pique petit scorpion,

Donne la fièvre donne la fièvre

Pique pique petit scorpion

Sur le mur chaud de l’été

Si le scorpion des dunes te pique

Tu vas enfler, sans un remède

Et tu auras beaucoup de fièvre

Et des douleurs à la cheville,

Si le scorpion des dunes te pique,

Sur l’échiquier des bien-portants

Tu ne seras même plus un pion :

Jambe gonflée, cheville enflée

Car tu auras été mangé

Par un minuscule petit diable,

A l’écart tu devras rester,

Jambes gonflée, cheville enflée,

Jusqu’à te trouver un remède

Et tu te méfieras des dunes et du figuier

Et du bon mur chaud de l’été.

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Publié le 10 Janvier 2014 par Le blog poétique de Lazou

L’écureuil, le chat et le crocodile

Un écureuil sautait, d'arbre en arbre il allait,

Un chat le regardait voler avec envie

L'écureuil s'arrêta sur une branche et puis

Lança soudain au chat : « tu ne m’auras jamais ! »

Car toi tu sautes certes, mais moi je peux voler,

Et même en déployant toute ton agilité

Hélas pour toi, tu ne pourras pas m’attraper.

Tu ne peux que me voir, mais pas me côtoyer !

Le chat sauta alors le plus haut qu'il le pu,

L'écureuil, sur de lui, lui échappait toujours,

Le narguant de plus belle, c'était son jeu du jour.

Le chat, bien essoufflé, du jeu n'en pouvait plus,

Regardant l'écureuil d'un oeil bien plus que vil,

Sa colère était telle qu'il s'arrêta alors,

De sauter, de courir, et bavait, tel un ogre, qui n'a pas eu son plat,

Errant toute la ville.

Le chat lui demanda : « veux-tu, bel écureuil, devenir mon ami ? »

L'écureuil de répondre, sur un ton méprisant :

« Alors mon bel ami, ta forme est-t-elle encore au faîte de ta souplesse,

Et de mon amitié,

Que tu n'auras jamais, et puisses-tu m'oublier ! »

L'écureuil s'en alla, légèrement, sautant de branche en branche,

Le petit animal avait alors bien soif.

Arrivant près d'une mare, il se mit à laper,

De l'eau fraîche mais bien trouble, tant pis, il avait soif.

Soudain, sans prévenir surgit un crocodile

Qui croqua tout entier notre bel écureuil,

N’en faisant qu'une bouchée.

Le chat, un peu plus loin, qui regardait la bête,

Souriait béatement, cruellement vengé,

Par la faim du reptile, lequel dit au chat :

« Grand merci pour ton aide ! »

Le chat, le crocodile, tous deux étaient de mèche,

Pour pousser l'écureuil assoiffé vers la mare.

D’un clin d'oeil amical le crocodile plongea

Dans les eaux d’un vert sombre, terriblement boueuses :

Un jour on est en haut, on nargue et puis l'on toise,

Et puis l'instant d'après, hélas, on n'est plus rien.

Car on ne peut savoir, lorsqu'on ne connaît guère,

La puissance de quelqu'un.

En faire son ennemi est folie à celui

Qui pourrait bien choisir, en tout état de cause,

L'amitié qu'on lui tend, et qui s'en moque pourtant.

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Publié le 10 Janvier 2014 par Le blog poétique de Lazou

Enfance

Enfance. Geste unique se renouvelant. Enfance, qui porte en germe nos démons intérieurs et futurs. Et notre part de lumière insupportable.

Enfance, absence. Présence dans l’absence ; présence à jamais enfouie dans une seule et définitive disparition. Ombre qui fuira dans l’instant présent. Insoupçonnable vérité ; fragilité suprême.

On peut penser avoir aimé son enfance, ou pas, elle sera toujours là, non dans la mort, mais dans une éternité qui tient de l’innocence et de l’instant.

Enfance. Seul sacrifice à Chronos digne d’être vécu dans le silence de la nuit. Restent tous les subterfuges pour se réapproprier le temps : les contes et les histoires ; et tous les boniments de notre monde.

On peut toujours envisager de suspendre le temps et de mêler les vivants aux morts. On n’y arrivera que dans l’éternité, ou dans le mensonge de l’art.

Enfance, présence toujours, mais disparue à cet instant, à jamais, comme la rosée du matin. Enfance ; appropriation progressive, continue, linéaire.

On peut partir très loin et très longtemps, on ne pourra se départir tout-à-fait et jamais de son enfance. C’est un rocher qui dort encore et qui attend d’être transformé en miel, pour plaire à des ennemis qui ne songent qu’à perdre.

Enfance, monde fantastique et illusoire ; songe de réalité ; arc-en-ciel durable. Ephémère écriture indéchiffrable. Geste de toujours, de demain.

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Publié le 16 Novembre 2013 par Le blog poétique de Lazou

L’enfant blessé

Il était une fois, il y a très longtemps, un enfant qui vivait dans la misère, tant sa famille était modeste et pauvre. Parfois, il ne prenait qu'un seul repas par jour, le soir. L'enfant allait à l'école vêtu pour ainsi dire de guenilles, car sa mère n'avait pas d'argent pour lui acheter des habits neufs. Théo, c'était son nom, était tout petit, frêle et malingre, brun avec des yeux noirs. Il avait l'air un peu débile à cause de sa mauvaise alimentation. Sa mère, une femme très simple et forte, était elle aussi un peu malade. Elle était néanmoins belle, et sa silhouette avait gardé celle d'une jeune femme mince. Elle était aussi très brune, portait des cheveux longs, et était toujours vêtue de longues robes et de vêtements aux nombreuses couleurs, rose ou rouge, bleu ou vert, pourpre... C'était une femme dont la misère n'avait pas réussie à ternir le caractère joyeux et optimiste, et elle répétait tous les jours à Théo de bien travailler à l'école, car, lui disait-elle, il n'avait que cette institution pour s'en sortir, et que dans la vie il ne pourrait compter que sur lui-même, quand elle ne serait plus là.

C'est pourquoi l'enfant allait toujours à l'école le coeur rempli d'espérance, et qu'il travaillait du mieux qu'il pouvait. Son père était mort dans un accident de travail, alors qu'il n'avait que trois ans. Théo, âgé maintenant de dix ans, était souvent sujet aux moqueries de ses petits camarades, mieux habillés que lui, et dont les familles étaient plus aisées que celle de l'enfant. Mais ceux-ci travaillaient moins bien que lui à l'école, à part Rose, sa petite camarade, qu’il aimait bien, qui était gentille avec lui car elle ne le tracassait pas avec des remarques relatives à ses habits et au fait qu'il ne mangeait pas à midi, comme ses autres camarades. Et elle partageait souvent son repas avec lui à cette heure de la journée. Théo et Rose étaient les meilleurs amis du monde.

Néanmoins, Théo était souvent en butte aux tracas et aux soucis, de par sa condition misérable, mais aussi et surtout de par l'incompréhension dont faisaient preuve à son égard ses petits camarades, en se moquant sans cesse de lui. Un jour, dans la cour de l'école, trois de ses méchants camarades le poussèrent et le frappèrent au visage, sans que le maître n’eût rien vu. Car ce dernier aimait beaucoup Théo, et lui prédisait un grand avenir. Et il savait pertinemment que les autres élèves jalousaient Théo pour ses aptitudes scolaires, et que leurs moqueries n'étaient qu'un prétexte pour se venger de ses bons résultats. Car les autres élèves, malgré leur plus grande aisance sociale, ne lui arrivaient pas à la cheville en matière de simplicité, de gentillesse, et de bon coeur. L'instituteur de Théo était un maître intègre. De haute stature, toujours habillé de beaux habits, il avait une tête ronde et malicieuse, ornée d'une fine moustache, des yeux bleus pétillants, de beaux cheveux blancs coiffés en brosse. Humaniste, il connaissait l'humilité sociale de Théo et de sa maman, et voulait tout faire pour que l'enfant réussisse.

Ce soir-là, Théo rentra blessé et meurtri, car, bien qu'il n’y eût pas de traces sur son visage, il était néanmoins tombé, s'était fait mal à la jambe, et surtout avait reçu des gifles de la part des trois garnements. Quand il arriva chez lui, sa mère s'aperçut tout de suite de sa tristesse, et lui demanda alors :

« - mon petit, qu'as-tu ? Tu m'as l'air très affligé. Comment s'est passé ta journée à l'école ? Si tu as eu des mauvaises notes, ce n'est pas grave, pour une fois. Tu travailles si bien que tu pourras toujours compter sur moi, et sur ma fierté à ton égard. »

Mais l’enfant se mit soudain à pleurer beaucoup, beaucoup, et ses larmes étaient toutes chaudes, et sa peine était grande. Entre deux sanglots, il avoua alors à sa maman :

« - maman, aujourd'hui, mes camarades m’ont giflé, poussé et humilié, encore une fois. Je ne veux plus aller à l'école, car cela n'a pas d'importance pour moi. Je suis toujours mal habillé, contrairement à eux, à midi je ne mange que lorsque Rose partage son repas avec moi. »

Sa mère comprit immédiatement ce qu'il en était, et elle lui dit alors, d'une voix calme et apaisante :

« - tu sais Théo, ne doit pas te soucier des méchancetés des autres, à l'école comme dans la vie, car le monde est ainsi fait, et tu auras toujours à faire face à cela. Alors reprends courage, et ne pleure plus. Les enfants sont méchants avec toi car ils sont jaloux de tes bons résultats à l'école. Et même s'ils sont plus riches que nous, ils n'arrivent pas à travailler aussi bien que toi. Et puis, tu peux compter sur Rose, car elle est très gentille. »

Ce soir-là, Théo n’eût pas faim, et s'endormit rapidement, car il était très fatigué. Le lendemain matin, plus calme que la veille, il prit son bol de café au lait, et sa maman lui avait préparé son sac pour aller à l'école. Elle lui dit :

« - mon petit, ne pense plus aux méchancetés de tes camarades, et travaille bien aujourd'hui. Je serai toujours avec toi. »

Elle avait glissé dans sa besace un repas composé de tranches de pain et de fromage, d'une pomme, d'une poire, et d'une tablette de chocolat, car, bien que désargentée, elle avait cependant toujours quelques économies de côté, et elle était allée chez l'épicier, alors que Théo dormait encore. Elle avait donc acheté cette nourriture, pour que son fils soit plus heureux ce jour-là, et qu'il puisse partager son repas avec son amie Rose. Elle décida aussi d’accompagner Théo à l'école et de parler à son maître, ce qu'elle fit. Elle lui dit donc :

« - vous savez, monsieur, bien que Théo ait le goût des études, il n'est plus heureux ici, car les autres enfants se moquent sans cesse de lui. Et puis, je ne sais pas si je pourrais continuer à l'envoyer à l'école, car cela coûte très cher, et mes moyens financiers sont limités. »

A ces mots, le maître d'école changea d'expression, et son visage, de jovial et bonhomme qu'il était, devint grave et plus triste. Il répondit alors à la maman de Théo :

« - ne vous en faites pas, madame. C'est moi-même qui subviendrai aux besoins financiers de votre enfant, tant qu'il ira à l'école. Et à partir d'aujourd'hui, il aura toujours un repas à midi, je vous le promets. Quant aux garnements qui l'accablent de moqueries, cela est certes injuste, mais vous savez comment sont les enfants, parfois la jalousie peut eux-aussi les rendre méchants. Je m'occuperais donc personnellement de Théo, pour qu'il puisse achever sa scolarité dans la sérénité et la réussite, car il en est largement capable et ce serait dommage de gâcher un tel avenir. »

Les années passèrent. Les chemins de Rose et Théo se séparèrent. Celui-ci devint un grand professeur de mathématiques dans une école très réputée. Mais Rose et Théo ne se voyaient pour ainsi dire plus car ils vivaient dans deux pays différents, et que Rose s'était finalement mariée à l'un des anciens camarades de Théo, celui qui l’avait giflé et poussé, dans la cour de l'école. Le mari de Rose était un fonctionnaire malheureux et buvait souvent. Sa femme avait essayé de l'en dissuader à maintes reprises, mais rien n'y faisait, il continuait à boire, accumulant la tristesse, les bourdes dans son travail, l'amertume, et la jalousie à l'égard de Théo.

Un jour, alors que Théo était rentré dans son pays, car il vivait maintenant à l'étranger, sa mère et lui décidèrent de sortir prendre l'air en ville. Il avait aussi convié à cette sortie son maître d'école, un homme très âgé maintenant, mais néanmoins toujours aussi élégant, et surtout très fier de Théo, son ancien élève, si brillant encore aujourd'hui. Ils se promenaient tous les trois au bord du canal lorsque, par une coïncidence que seul le destin se permet parfois de provoquer, ils rencontrèrent Rose et son époux, triste et patibulaire comme à son habitude, la mine misérable, le coeur gros.

Lorsqu'ils se reconnurent, Rose et Théo ne purent s'empêcher de pleurer l'un et l'autre, tant leur émotion de se retrouver étaient grande. La mère de Théo, son ancien maître, et l’époux de Rose, après les salutations d'usage, se tenaient en retrait des deux bons anciens camarades, dont la joie de se retrouver était immense. Soudain, le mari de Rose explosa en larmes, à la stupéfaction de tous, car il se rappelait avoir giflé et injustement traité son petit camarade, alors qu'ils n'avaient que dix ans. Théo s'en souvenait évidemment lui aussi mais n'avait rien dit à ce sujet. Alors, le mari de Rose, qui enviait toujours secrètement Théo pour son esprit brillant, pleura comme un enfant, mais ne s’excusa pas pour autant. Car, si le mari de Rose déposait ici sa peine, au bord du canal, par cette belle soirée d'été, et que tous les passants se demandaient les raisons d'un tel spectacle au sein de ce groupe étrange de cinq personnes, il n'arrivait toujours pas se remettre en cause. Il était comme dans un état second.

Voyant cela, et la tristesse aussi dans les yeux de Rose, Théo décida à contrecoeur de se séparer d'elle et de son pauvre époux, triste à en mourir, désespéré, les yeux pleins d'amertume. Il prit alors Rose dans ses bras, puis serra chaleureusement la main de son mari, en le réconfortant et en lui disant :

« - malgré tout ce que la vie peut comporter de peines, elle est néanmoins merveilleuse, au revoir et ne pleure plus, car je sais pourquoi tu pleures, et je ne t’en veux pas. »

Le mari de Rose parut réconforté par ces mots pleins de chaleur humaine, de pardon et d'espoir. Et ils se séparèrent, Rose et son mari d'un côté, Théo, sa mère, et son vieux maître d'école de l'autre. L'émotion avait été forte durant ces quelques instants, et l'ancien maître chuchota à la maman de Théo, pour que celui-ci n’entende pas :

« - vous voyez madame, peut-être que si Théo n'avait pas souffert, enfant, de sa vie difficile, et notamment des moqueries et tracasseries de ses petits camarades, il ne serait pas devenu ce qu'il est aujourd'hui, un grand professeur de mathématiques. De plus, Théo est aujourd'hui très heureux de sa vie. »

La mère de Théo acquiesça alors d'un geste discret. Mais Théo, qui avait deviné les paroles de son professeur, leur dit alors, à lui et à sa mère :

« - vous savez, si j'avais pu ne pas autant souffrir étant enfant, j’aurai préféré, même si ma situation d'adulte aurait été moins bonne. »

Ils passèrent toute la soirée ensemble, à se promener dans la ville, au bord du canal, avant de rentrer chez eux. Quelques jours après, Théo apprit que le mari de Rose était mort subitement. Avant de partir dans le pays où il enseignait, et où était maintenant sa vie, il pensa :

« - pauvre mari de Rose, s’il avait pu vraiment se décharger de sa peine et de son amertume, peut-être aurait-il vécu plus heureux. La rancune est un poison mortel, comme la haine, la méchanceté ou la jalousie. Écoutons notre coeur et ne nous préoccupons pas du reste. »

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Publié le 15 Novembre 2013 par Le blog poétique de Lazou

Les trois frères

Il y avait, dans le pays des forêts, des montagnes, des elfes et des fées, trois orphelins, âgés de sept, huit et dix ans. L'aîné et le second, qui s'appelaient Théo et Benjamin, étaient, malgré leur jeune âge, plutôt robustes, et déjà doués de raison et d'intelligence. D'assez grande taille, bruns, les yeux bleus, ils avaient été élevés, dès la mort de leurs parents, par leur grand-mère, une femme très âgée et méchante, qui par ailleurs était une sorcière.

Le petit-dernier, prénommé Victor, était aussi petit qu'un enfant de cinq ans, frêle, et paraissait débile et simplet. Lorsque ses frères marchaient à travers la forêt, pour simplement se promener, ou plus souvent pour cueillir des fruits et des plantes que leur grand-mère leur ordonnait de ramasser, Victor avait bien du mal à les suivre, tirant la langue et transpirant, toujours à la traîne et souffrant d'un boitement contracté à la naissance. Il était brun lui aussi, avec des petits yeux bleus qui semblaient vides aux yeux des autres ; sa grand-mère, la sorcière, le tracassait souvent, lorsqu'il rentrait en retard ou retardait ses frères dans leur marche dans la forêt.

Avec les plantes qu’ils lui rapportaient, elle confectionnait toutes sortes d'élixirs magiques, de poudres et d'onguents étranges, qui lui servaient à ensorceler des gens, car de nombreux habitants du pays des montagnes et des forêts venaient la trouver pour qu’elle jette quelque sort à leurs ennemis. Elle ne fabriquait ses sortilèges que pour nuire aux autres, moyennant rétribution, jamais pour leur porter secours. Ainsi, elle préférait faire des poudres qui plongeaient les gens dans un profond sommeil, lorsqu'ils avaient quelque chose à faire qui déplaisaient aux personnes venant la trouver, par exemple. Jamais par ailleurs ses artifices n'étaient destinés à aider les autres, soit pour guérir une maladie, soit encore pour rendre amoureux un homme et une femme, par la fabrication d'un filtre d'amour notamment. C'était en effet une très méchante sorcière.

Par un beau jour de printemps, elle décida de jeter un sort aux cinq elfes qui vivaient près de chez elle et des trois jeunes frères, car disait-elle, ces elfes semblaient encore plus méchants qu'elle et de mauvais augure pour tout le peuple des forêts et des montagnes. Ce qui était faux, car les cinq elfes, bien que se transformant la nuit en lucioles volantes pour virevolter et se promener à travers la montagne, et voir le pays sous un autre aspect, certes nocturne, ne dérangeaient personne dans les bois. Sauf elle bien sûr, jalouse de leur pouvoir de transformation. Pendant leur sommeil diurne, les elfes ne dormant que pendant la journée, elle jeta sur eux de la poudre soporifique et les elfes continuèrent à dormir tout le jour et la nuit aussi et les autres jours et nuits, sans pouvoir se changer en lucioles volantes, puisqu'ils étaient pris d'un profond sommeil.

Les autres habitants du pays de forêts, après quelques jours, commencèrent à s'inquiéter de ne plus voir les elfes voler la nuit ce qui était un très beau spectacle, qui aidait les gens à s'endormir. Ceux-ci allèrent trouver la sorcière, la suppliant de conjurer ce mauvais sort, car celle-ci ne savait pas tenir sa langue, et, tel un accès d'orgueil et de pouvoir, elle leur répondit en effet que c'était bien elle qui avait ensorcelé les cinq elfes apprivoisés, lesquels ne faisaient de mal à personne, ce qui était d'une grande rareté pour les elfes de ce pays.

Les habitants, quittant la maison de la sorcière, s’en rentraient chez eux, dépités et désespérés ne plus pouvoir s'endormir le soir en regardant l'harmonieuse danse elfique, lorsqu'ils rencontrèrent par hasard les trois frères, Théo, Benjamin, et Victor, qui regagnaient eux-aussi leur cabane, c'est-à-dire celle de leur méchante sorcière de grand-mère. Les gens du pays des forêts eurent alors l'idée lumineuse de demander leur aide aux trois enfants, pour qu’ils les aident à lever le sort jeté par leur grand-mère aux elfes. Ils promirent donc aux trois frères un goûter offert à volonté, et ce jusqu'à ce qu'ils aient atteint l'âge adulte, qui était de quinze ans dans ce pays. Car les enfants ne mangeaient pas à leur faim chez la sorcière, et n'avaient goûté aux délices sucrés du pays des montagnes et des forêts, qu'en de très rares occasions, lorsque leur grand-mère, comblée de mets délicats et de présents de la part des gens venant la trouver pour qu'elle jette quelque sort à leurs ennemis, dormait, et que les trois enfants pouvaient enfin, rassasier leur faim pendant la nuit, en lui chipant des friandises.

On leur promit ainsi du pain d'épices, du miel à foison, du lait en quantité, du nougat aux noisettes des montagnes, à profusion, et bien d'autres douceurs, comme de la pâte d'amandes, s’ils arrivaient à subtiliser pendant le sommeil de leur grand-mère l'élixir qui leur permettrait de libérer les cinq elfes du sort ainsi jeté sur eux.

Les trois frères rentrèrent donc dans la hutte de leur grand-mère. Ils firent mine de s'endormir, après un repas très frugal, attendant que la sorcière s'endorme, elle, pour de bon. Mais Victor s'endormit, lui, vraiment. Tandis que les deux autres frères, lorsque la vieille mégère dormait en ronflant fort, se levèrent tout doucement, sans aucun bruit, et se dirigèrent vers sa table de nuit, dont Théo approcha sa main dans la pénombre de la nuit de pleine lune, et subtilisa le remède au sortilège jeté aux elfes, qui dormaient toujours dans un pré adjacent à leur cabane. Au moment où Théo donnait l'élixir à Benjamin, la vieille sorcière ouvrit soudain un oeil, puis l'autre, poussa un cri de surprise, claquant des doigts pour allumer sa bougie, et vit les deux frères, debouts, le remède dans les mains de l'aîné. Elle jeta alors une imprécation à ses deux petits-enfants, qui se transformèrent sur-le-champ en corbeaux, et quittèrent la hutte en s’élevant dans le ciel étoilé éclairé par la lune. Victor se réveilla en sursaut, et demanda à sa grand-mère :

« - Où sont Théo et Benjamin ? Où sont-ils allés ?

- Ils sont partis dans la forêt pour me chercher de la salsepareille, car j'en ai besoin cette nuit pour préparer un filtre magique destiné à réveiller les elfes. Toi-aussi, sors et va les rejoindre ! » , lui répondit la méchante vieille femme, de mauvaise humeur.

Victor comprit, malgré son jeune âge et son air un peu simplet, que la sorcière avait menti, mais il ne savait toujours pas ce qu'il était advenu de ses frères. Il sortit donc, les yeux pleins de sommeil, et marcha longtemps, dans la forêt éclairée par la lune, à la recherche de ses deux frères, les appelant sans cesse, comme pour conjurer sa peur de la nuit :

« -Hé, ho ! Théo et Benjamin, où êtes-vous, mes frères ? Que s'est-il passé avec grand-mère ? Hé, ho, où êtes-vous ? »

Après avoir marché longtemps, longtemps, Victor s'assit dans une prairie, et se mit à pleurer, car il se sentait seul et découragé. Là, il vit deux corbeaux se poser près de lui dans l'herbe, qui lui dirent, en coeur :

« - Nous sommes tes deux frères. La sorcière nous a changés en corbeaux car elle nous a trouvés en train de lui dérober le filtre qui aurait pu réveiller les elfes, mais cela est bien compromis pour l'instant. Nous voilà transformés en oiseaux, et adieu notre forme humaine, et nos bons goûters promis par les gens du pays des montagnes ! »

À ces mots, Victor se senti désemparé, du haut de ses sept ans. Les deux corbeaux, ses frères, s'envolèrent subitement et il se retrouva seul dans la prairie, alors que le jour commençait à poindre. Soudain, alors qu'il s'était remis à pleurer, une petite fée aux ailes de libellule apparut. L'enfant chétif la regarda, et la fée lui demanda :

« - Pourquoi pleures-tu ? »

Et l'enfant désespéré lui conta alors son histoire. La fée, qui avait remarqué que Victor portait à son cou un anneau en or, hérité de ses parents maintenant décédés, lui dit alors :

« - Il y a, à quelques lieues de cette prairie, un forgeron qui aurait grand besoin de ton anneau, car il n’a plus d'or. Je vais te conduire jusqu'à lui, et si tu acceptes lui donner ton anneau, peut-être pourra-t-il faire quelque chose pour toi ! »

Victor acquiesça timidement, et la fée et lui se mirent en route vers l'atelier du forgeron. Une fois arrivés à la forge, ils virent un grand homme robuste et barbu, vêtu de son tablier en cuir, qui travaillait l’or. La fée raconta à l'homme l’histoire de l'enfant et de ses frères, et lui demanda son aide, en échange de l’anneau en or de Victor. Le forgeron accepta le marché, et leur dit :

« - Si vous me donnez cet anneau, je pourrais alors finir mon épée magique pour le roi du pays des montagnes, et celui-ci sera très heureux et me gardera comme son forgeron attitré. Et je pourrais t’aider, petit, à lever le sortilège qui pèse sur les elfes et sur tes frères. »

Aussitôt dit, aussitôt fait. L'enfant lui donna l'anneau, le forgeron put alors le fondre pour finir l'épée magique destinée au roi, et fut très content de cette réussite. Soudain, les deux frères de Victor rentrèrent à leur tour dans la forge, et tous trois furent ravis de se retrouver sous leur forme humaine. Théo dit alors à Victor :

« - Nous vous avons en secret suivis jusqu'ici, et nous étions devant l'atelier, lorsque nous avons retrouvé notre apparence humaine. Nous sommes très contents de te retrouver là. Et l'aigle des montagnes, que nous avons rencontré devant la forge, nous a dit que le sortilège jeté par notre grand-mère la sorcière sur les elfes avait été levé, et que les habitants du pays des forêts sont très satisfaits. Ils vont venir d'un moment à l'autre nous recueillir, car ils ne veulent plus que nous vivions avec grand-mère qui, de toute façon, a été changée en rocher par le roi, au moment où son épée a été finie par le forgeron. Nous voilà grâce à toi libérés de notre méchante grand-mère, qui ne pourra plus faire de mal à personne dorénavant. À présent, à nous les délicieux goûters de pain d'épices, de miel, et de nougat aux noisettes ! À nous cette nouvelle vie qui commence pour nous au pays des forêts. »

Les trois enfants s’embrassèrent, très heureux qu'ils étaient, en attendant l'arrivée des habitants du pays des forêts, venant les chercher. La fée et le forgeron décidèrent de sortir de l'atelier, avec les enfants, pour prendre l'air par cette belle journée de printemps, car il faisait chaud dans la forge. En sortant de l'atelier Victor ne boitait plus. La fée le forgeron se regardèrent d’un œil complice et celui-ci lui dit alors :

« - Qui aurait cru que Victor, du haut de ses sept ans, aurait pu réussir à délivrer les elfes et ses frères des maléfices de la sorcière ? Les pouvoirs du coeur et de l'entraide valent parfois tous les autres pouvoirs du monde ! »

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